Euro de volley: les Bleus ont l'argent, et des problèmes de riches
Des jeunes qui frappent à la porte ou s'imposent, en attendant les anciens: dans le reflet de la médaille d'argent récoltée à l'Euro de volley, le sélectionneur des Bleus Andrea Giani devrait percevoir les "bons problèmes" qui l'attendent à l'avenir, fort d'un effectif riche.
Passée la déception de la finale perdue contre la Pologne samedi (3-1), l'ancien capitaine Benjamin Toniutti, retraité international, retient pour l'AFP "une médaille magnifique, dont on comprendra l'impact ans quelques semaines, et le premier set d'un niveau stratosphérique des deux côtés".
La satisfaction se ressent chez le passeur double champion olympique, qui a observé la "progression" du groupe emmené par les expérimentés Antoine Brizard et Trévor Clévenot.
Andrea Giani avait pris en compte le besoin de plusieurs cadres de faire une pause après des années chargées : outre "Toti" parti, Earvin Ngapeth, Yacine Louati, Jean Patry, Barthélemy Chinenyeze, Kevin Tillie, Quentin Jouffroy, Nicolas Le Goff et Jenia Grebennikov avaient décidé de recharger les batteries.
À l'Euro, ce sont d'autres visages qui ont tenu la barraque: Théo Faure, Benjamin Diez, François Huetz, et ceux qui s'étaient déjà démarqués en gagnant chez les jeunes comme Simon Magnin et Mathis Henno.
Champion du monde en tant qu'entraîneur des U19 en 2023, puis d'Europe avec les U20 l'année d'après, Slimane Belmadi a perçu chez ceux qu'il a connus "ce côté compétiteur, bagarreur même après un set perdu, c'est un peu une marque de fabrique qu'ils ont appris en jeune".
Des joueurs qui avaient déjà selon lui l'envie de gagner depuis longtemps: "je n'ai pas d'inquiétudes, je sais qu'ils ont les moyens de s'installer car ils cherchent à aller plus haut".
- la Pologne en exemple -
Et cela ne s'arrête donc pas aux nouveaux. En début de saison, Diez avait évoqué les paroles de son sélectionneur: "il souhaitait qu'on prenne nos responsabilités, sans se dire que les anciens (reviendraient) pour faire le job important".
Habituelle doublure de Grebennikov, le libero de 28 ans a pris son rôle à coeur. Un constat qui peut se faire pour d'autres habitués, comme Théo Faure.
Le champion olympique, membre de l'équipe-type de la compétition, a pris une nouvelle dimension au poste de pointu, occupé habituellement par le non moins renommé Jean Patry. Henno a lui brillé en l'absence de la légende Earvin Ngapeth, quand Barthélémy Chinenyeze soulignait lui-même dans le journal l'Equipe la "complémentarité" des centraux Magnin, Huetz, Daniel Iyegbekedo, et Moussé Gueye.
"Cela fait de la concurrence pour 2027 avec le Mondial en ligne de mire, ajoutait Chinenyeze, mais c'est bien, (...) cela donne très envie de retrouver le groupe". Faure a lui évoqué samedi les "bons problèmes" qui attendent Giani, en vue aussi des Jeux de Los Angeles pour lesquels la France doit se qualifier.
L'intéressé a surtout apprécié "la capacité de (ses) joueurs à prendre une place. "C'est le plus important, ils ont montré qu'ils pouvaient évoluer à ce niveau. Avoir beaucoup de joueurs, c'est la même chose pour l'Italie ou la Pologne".
Pour Benjamin Toniutti, ce vivier bleu est également positif. Il reprend en "exemple" la Pologne qui "gagne l'Euro sans ses trois centraux des JO, avec des joueurs qui évoluent dans les meilleurs clubs du monde et qui sont sur le banc, prêts à entrer".
"Les choix vont être durs si les gars décident de revenir. Mais c'est une bonne chose", ajoute-il, une opinion partagée par Slimane Belmadi quand il en revient à évoquer la jeunesse dorée.
"Les jeunes ne sont pas encore forcément à la hauteur de certains anciens qui se sont arrêtés, mais il faut aussi penser à 2028. On peut continuer à miser sur des joueurs, entourés par Trévor Clévenot, Antoine Brizard, Barth (Chinenyeze)... Et il y en a d'autres qui frappent à la porte".
H. de Araujo--JDB