Top 14: de Camara à Delibes, le club des six Toulousains de Montpellier
A Montpellier, six joueurs ont été formés dans l'usine à champions toulousaine, de Yacouba Camara, le premier arrivé dans l'Hérault en 2017, à Dimitri Delibes, débarqué cet été. Des talents qui se sont fondus dans l'ADN montpelliérain, tout en apportant leur touche rouge et noire.
Excepté Sébastien Bezy, blessé, et Florian Verhaeghe, a priori ménagé, ils devraient être quatre de ce club des six sur la pelouse d'Ernest-Wallon dimanche soir, dans la Ville rose, pour le match de clôture de la 4e journée du Top 14, remake de la finale du Top 14 2026 remportée par les partenaires d'Antoine Dupont (28-20).
Camara le flanker d'abord, les deuxièmes lignes Florian Verhaeghe et Bastien Chalureau en 2020, le talonneur ou pilier Christopher Tolofua en 2024 et enfin Bézy et Delibes cet été: confrontés à la concurrence d’une génération toulousaine d'exception (Cros, Jelonch, Meafou, Flament, Dupont, Graou, Gourgues ou Barassi...), ils ont été contraints de s’exiler.
Si la plupart ont directement rejoint Montpellier, club à peine quadragénaire et dans l'élite depuis 2003 seulement, Tolofua, passé par les Saracens et Toulon, et le demi de mêlée Bézy, qui a transité à Clermont, ont emprunté un itinéraire de délestage.
"Je suis arrivé à Toulouse en tant que minot. Je suis parti en tant que joueur de Top 14 et international français. Je dois beaucoup à ce club, qui m'a vu grandir et m'a aussi formé", salue Camara (17 sélections).
Internationaux intermittents, excepté Delibes, le seul à n'avoir jamais endossé le maillot bleu, ils ont donc laissé derrière eux la possibilité de se façonner un palmarès hors-norme avec les Rouge et Noir. Mais ils ont débroussaillé celui du MHR, sacré champion de France pour la première fois en 2022 avec Camara comme flanker et le duo Chalureau-Verhaeghe dans la cage.
- "Une formation particulière" -
"J'ai pu voir autre chose que Toulouse, jouer et gagner ailleurs qu'à Toulouse a une saveur différente", assurait Verhaeghe à l'AFP cette semaine.
Avec eux, ces six joueurs ont amené un style de jeu et l'ont adapté à la marque de fabrique du MHR et notamment celle remise au goût du jour par le manager Joan Caudullo: "Verhaeghe, Tolofua et Chalureau sont bons pour jouer devant et dans la défense. C'est une formation particulière", confirme le manager héraultais.
"Je suis très content d'en être parti, mais je suis aussi très content d'y être passé. Ce club m'a apporté sa vision du rugby et sa formation", abonde Verhaeghe, toujours soucieux de faire vivre le ballon.
Si Montpellier peut s'inspirer du Stade toulousain, Caudullo ne veut pas l'imiter. "On veut ressembler à notre ADN et ce qu'on est capable de faire depuis 40 ans. Le jeu de Montpellier, pour gagner, ça a toujours été avec des avants forts et costauds, qui doivent dominer l'adversaire. Certains projets ont moins besoin de ça. Le Stade toulousain est capable de gagner sans réellement dominer", comparait ainsi Joan Caudullo en début de saison.
Intronisé en 2024 et prolongé jusqu’en 2029, le nouvel homme fort de Montpellier a-t-il retenu les leçons d'un proche passé ? Entre 2019 et janvier 2021, le manager Xavier Garbajosa, biberonné à la méthode Guy Novès à Toulouse, avait cherché à importer le style rouge et noir au MHR, au côté de Jean-Baptiste Elissalde, ex-adjoint de Novès. Mais la greffe n'avait jamais pris.
Premier trois-quarts à avoir traversé l'Occitanie entre Toulouse et Montpellier, Delibes (27 ans) a pourtant bien été appelé pour ses qualités rouges et noires.
"L'ADN qu'on a mis en place marche. Ça fait venir des joueurs. Dimitri améliore notre ligne arrière, à l’aile ou au centre. Ce recrutement me plaît, car il y a deux ou trois ans, on n’aurait pas pu avoir ces joueurs-là. Ce duelliste peut faire des différences", assure Caudullo.
Et Delibes a aussitôt répondu présent, avec un doublé lors de la troisième journée devant Perpignan (50-17), apportant ce petit plus qui avait peut-être manqué en finale pour renverser Toulouse, quadruple champion en titre.
E. da Cruz--JDB