US Open: Arthur Gea, un "lucky loser" qui n'en finit plus de gagner
Repêché dans le tableau final de l'US Open grâce à un forfait, le "lucky loser" français Arthur Gea va découvir samedi le troisième tour d'un tournoi du Grand Chelem avec "un coup à jouer" dans une partie de tableau dégagée par l'élimination de Rafael Jodar.
Première tête de série des qualifications, le 87e mondial est arrivé lancé à New York, quelques semaines après avoir décroché son premier titre ATP à 21 ans sur les courts en dur de Los Cabos (Mexique).
Mais il a été sèchement battu au troisième tour des qualifications par l'Américain Nishesh Basavareddy (163e).
Le droitier du Vaucluse est cependant resté à New York, dans l'espoir qu'un forfait de dernière minute lui ouvre les portes du tableau final malgré sa défaite.
Bien lui en a pris puisque deux jours après son revers contre Basavareddy, une blessure au dos a contraint le Norvégien Casper Ruud (20e) à se retirer de l'US Open.
Gea a pleinement saisi sa chance, battant en cinq sets l'Argentin Juan Manuel Cerundolo (45e) pour son entrée en lice avant d'éliminer jeudi en quatre manches l'Américain Zachary Svajda (80e) au deuxième tour.
Samedi, il disputera à un autre Américain, le 107e mondial Michael Zheng, une place en huitièmes de finales.
De quoi le rappeler au bon souvenir des suiveurs du tennis français, qui l'avaient découvert en janvier à l'Open d'Australie.
Issu des qualifications à Melbourne, Gea avait surpris en trois manches le Tchèque Jiri Lehecka (alors 19e) au premier tour, avant de ne concéder la défaite qu'au tie-break du cinquième set contre le vétéran suisse Stan Wawrinka.
"En Australie, j'étais à bout de souffle, j'avais enchaîné sept-huit matchs" entre son titre au Challenger de Nouméa (un tournoi du circuit secondaire) début janvier, les trois tours de qualification pour l'Open d'Australie et ses deux matches dans le tableau final, a rappelé Gea à New York.
"Là, j'ai quand même eu le temps de me reposer" entre la défaite en qualifications le 28 août et le premier tour disputé le 1er septembre, a-t-il apprécié.
- "Il savait tout faire" -
Déjà chanceux d'être repêché, le Français a en plus eu la bonne surprise de voir l'épouvantail de sa partie de tableau disparaître dès le premier tour.
L'Espagnol Rafael Jodar, 13e mondial, a en effet été corrigé par le Chinois Bu Yunchaokete (124e), qui ne lui a laissé que quatre jeux au premier tour.
"Quand j'ai su que j'allais remplacer Casper (Ruud), je savais qu'il y avait des joueurs à ma portée dans cette partie de tableau. J'attendais de jouer Jodar au troisième. J'ai vu qu'il s’était fait défoncer, ça m'arrange", a avoué sans détour le Provençal.
Avec comme prochain adversaire un joueur qu'il a battu à Nouméa et à Los Cabos, "c'est clair qu'il y a un coup à jouer", s'est projeté Gea, qui affronterait en cas de victoire le Belge Zizou Bergs (31e) ou le Néerlandais Botic van de Zandschulp (70e).
Quelle que soit l'issue de son match contre Zheng, Gea est quasiment assuré de connaître le meilleur classement de sa carrière à l'issue de l'US Open. Monté au 82e rang mondial dans la foulée de son titre à Los Cabos, le Vauclusien est 71e au classement virtuel de l'ATP.
Passé par le Centre national d'entraînement (CNE) de la Fédération française de tennis à la même époque que Gea, son compatriote Arthur Cazaux (142e) n'est guère surpris par ses performances.
"Quand on tapait ensemble au CNE, j'ai toujours trouvé que c'était un joueur très complet, très généreux dans l'effort et qui savait tout faire", glissait-il à l'AFP quelques semaines après les exploits australiens de Gea.
"Je trouve qu'il s'est vachement étoffé physiquement. On sent qu'il a pris du poids dans son tennis, que sa balle est beaucoup plus lourde. Donc ça ne m'étonne pas qu'il performe à un super niveau", concluait Cazaux, vainqueur lui aussi du Challenger de Nouméa avant de se hisser en huitièmes de finale de l'Open d'Australie en 2024.
P. Duarte--JDB