Falaise effondrée à Biarritz: des drones au relais pour retrouver le dernier disparu
Des drones subaquatiques vont prendre jeudi le relais des plongeurs qui recherchent toujours un homme de 34 ans enseveli mercredi soir en mer par l'effondrement soudain d'un pan de falaise à Biarritz, fatal à sa compagne de 33 ans.
Ces deux Biarrots étaient "partis pour faire de la pêche sous-marine" et formaient un "jeune couple dynamique qui vivait leur amour", a déclaré le maire de la cité balnéaire basque, l'ancienne légende du rugby Serge Blanco, évoquant "un véritable traumatisme".
La femme a été découverte juste avant l'interruption des recherches mercredi vers 22H45, en raison de l'obscurité, de la fragilité de la falaise et de la mauvaise vision sous l'eau, a indiqué à la presse le capitaine des pompiers Bernard Leugé, qui a codirigé les opérations. Une palme et un harpon lui appartenant ont aussi été retrouvés.
Jeudi matin, 12 plongeurs sont arrivés en renfort, avec un drone qui a survolé la falaise largement éventrée, un jet-ski et un conseiller technique.
Mais la décision a été prise de "reculer les recherches à 100 mètres de la falaise pour ne mettre personne en danger", car des craquements et éboulements ont encore été constatés dans la nuit, a-t-il ajouté.
"Les drones subaquatiques du SDIS 64 arrivent pour prendre le relais des plongeurs dans la zone du rocher" et les secours ignorent si le disparu se trouve dessous ou si son corps "est parti avec les courants", selon M. Leugé.
Un pan d'environ 2.000 mètres cubes de roche s'est effondré mercredi vers 20H20 aux abords du phare, en plein cœur de la ville, alors que la plage voisine du Miramar était "bondée", selon des témoins, par des températures ayant dépassé 40°C à Biarritz mercredi.
Vincent Pariset, réceptionniste âgé de 45 ans, qui faisait une sortie paddle dans l'eau avec sa fille, a entendu un "bruit très sourd", "comme un coup de tonnerre".
"On s'est retournés, et on a vu un pan de la falaise s'effondrer. On a vu de l'eau gicler en l'air, créant une belle vague instantanément", a-t-il ajouté.
"On se posait souvent pour le coucher de soleil à l'endroit où la roche est tombée et on ne se serait jamais dit que la falaise pouvait s'effondrer", a témoigné auprès de l'AFP Marie Burkel, designeuse âgée de 32 ans, venue se baigner sur la plage du Miramar.
Un troisième homme qui se trouvait avec le couple a été retrouvé "indemne physiquement mais fortement choqué", selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
"Il était tout groggy", selon Vincent Pariset. "Il peinait à parler, il a juste dit aux sauveteurs que les deux autres étaient là-bas. On a essayé d'y aller à la rame, mais on a vu qu'on ne servait pas à grand-chose".
- Panneaux d'avertissement -
Serge Blanco a évoqué une "fatalité", "qui plonge tout Biarritz dans une vision d'horreur", tout en soulignant qu'il "faut que les gens prennent conscience qu'il ne faut pas aller au-delà" des interdictions.
Un vieux panneau "Zone dangereuse" est accroché au-dessus de l'entrée de la plage Bernain menant au phare.
"Éboulements permanents au-delà de ce panneau", "accès interdit", peut-on également lire, mais ces avertissements étaient régulièrement outrepassés, selon plusieurs témoins.
Jeudi matin, les autorités ont barré l'entrée de la plage et fait évacuer la promenade au-dessus.
"Depuis 2018, on sait que le trait de côte travaille, c'est la nature", a ajouté M. Blanco, qui a "pris un arrêté interdisant l'accès, la baignade et la navigation dans un périmètre de 300m depuis le pied de la falaise".
Selon une association locale de protection de cette falaise, qui va de Miramar jusqu'à la plage de la Chambre d'Amour dans la commune voisine d'Anglet, d'autres éboulements s'étaient déjà produits en juin 2018, ou précédemment en avril 2008.
L'érosion affecte tout le littéral Atlantique de la Charente-Maritime jusqu'au Pays basque: plusieurs milliers de logements et commerces sont menacés par ce recul du trait de côte d'ici 2050, si rien n'est fait.
Un peu plus au nord, la promenade qui surplombe les dunes de la station landaise de Biscarrosse a également subi un fort éboulement cet hiver.
M. Andrade--JDB