Tour d'Italie: après un début cauchemardesque, Narvaez fait briller UAE
L'Equatorien Jhonatan Narvaez a fait définitivement basculer le Tour d'Italie de la formation UAE du bon côté de la force en offrant à son équipe sa troisième victoire en huit étapes et sa deuxième sur le plan personnel, samedi à Fermo.
Difficile de trouver passage plus flamboyant de l'ombre à la lumière que celui vécu sur ce Giro pour la formation émirati.
Avant même le départ de Bulgarie, le forfait de Joao Almeida, prévu comme leader en l'absence de Tadej Pogacar et Isaac del Toro, avait jeté un froid.
Le pire était seulement à venir avec le triple abandon de Marc Soler, Jay Vine et surtout Adam Yates, numéro 1 de substitution, après une grosse chute collective lors de la deuxième étape.
Mais le retour sur le sol italien, lors de la quatrième étape, a marqué la renaissance d'un groupe réduit à cinq coureurs avec la première victoire de Narvaez, lui-même tout juste revenu d'un grave accident en janvier au Tour Down Under.
Et depuis, ça s'enchaîne, avec le succès dès le lendemain de l'Espagnol Igor Arrietan. Puis le doublé de Narvaez samedi dans les rues étroites de Fermo, dans un final faisant penser à celui des Strade Bianche à Sienne, à l'issue d'un travail d'équipe remarquable.
Après avoir pris la bonne échappée avec son coéquipier danois Mikkel Berg et le Norvégien Andreas Leknessund à plus de 70 km de l’arrivée, le champion d'Equateur a fait la différence dans un final taillé sur mesure pour ses qualités de puncheur avec plusieurs ascensions courtes mais raides.
Il s'est envolé seul à 10,5 km du but pour signer la 17e victoire de sa carrière. Sa quatrième déjà dans le Giro, où il s'était imposé aussi en 2020 et 2024, soit autant que son compatriote Richard Carapaz.
- "Comme si j'avais gagné" -
"Cela a beaucoup de valeur pour moi, surtout après ma blessure en janvier. C'était une étape qui m'allait parfaitement", a-t-il commenté avant de rendre hommage au formidable travail de Mikkel Berg, un équipier modèle qui a encore fait preuve d'un dévouement total pour le protéger.
"C'est comme si j'avais gagné, je suis fier de moi, a déclaré Berg au micro d'Eurosport. C'était l'étape parfaite, j'ai pu faire la différence pour l'équipe et Jhonny, avec de telles jambes, il est super hein."
Pour Narvaez, l'affaire était entendue: "Mikkel est l'homme du jour. Il fait toujours tout pour l'équipe. On s'est mis d'accord que ça allait être pour moi aujourd'hui", a expliqué Narvaez avant d'inclure dans ses louanges l'ensemble de son équipe.
"Nous ne sommes plus que cinq mais nous courons avec justesse et intelligence. L'ambiance est excellente entre nous, je pense qu'on peut viser d'autres victoires."
Le groupe des favoris est arrivé un peu moins de deux minutes plus tard avec le maillot rose Afonso Eulalio qui, plein de panache, a placé une attaque dans le final. "J'aime courir comme ça", a-t-il expliqué.
Elle a secoué le peloton mais pas vraiment inquiété les principaux leaders, Jonas Vingegaard grappillant même deux secondes à la fin pour se rapprocher à 3:15 au général.
Dimanche, la 9e étape arrive dans la moitié nord de l'Italie, à Corno alle Scale pour la deuxième arrivée au sommet de ce Giro.
L'ascension finale est en apparence assez douce (10,8 km à 6,1%) mais les trois derniers kilomètres sont très raides avec des pentes dépassant les 10%, largement de quoi faire la différence.
G. Lopes--JDB