L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu
La Russie et l'Ukraine se sont accusées mutuellement samedi de violer le cessez-le-feu temporaire, Vladimir Poutine assurant n'avoir toujours pas reçu de proposition de l'Ukraine sur l'échange de prisonniers annoncé par Donald Trump.
Le président américain a annoncé vendredi soir un cessez-le-feu de trois jours entre l'Ukraine et la Russie à partir de samedi.
Mais "depuis le début de la journée, le nombre d’attaques menées par l'agresseur a atteint 51", a indiqué l’état-major ukrainien.
De son côté, le ministère russe de la Défense a déclaré que "malgré la déclaration de cessez-le-feu, des groupes armés ukrainiens ont lancé des attaques à l’aide de drones et d'artillerie".
Des drones tirés par la Russie ont tué deux civils et en ont blessé trois dans les régions de Zaporijjia et de Dnipropetrovsk, dans le centre de l'Ukraine, selon les autorités locales.
- L'échange de prisonniers en question -
Peu après l'annonce vendredi de Donald Trump, Kiev et Moscou avaient confirmé avoir accepté la trêve et l'échange de prisonniers.
Mais Vladimir Poutine a assuré samedi soir que la Russie n'avait toujours pas reçu de proposition de la part de l'Ukraine concernant l'échange.
"Nous comptons sur la partie ukrainienne pour répondre à la proposition faite par le président des États-Unis. Malheureusement, nous n'avons toujours reçu aucune proposition à ce jour", a affirmé M. Poutine aux journalistes.
Il a aussi assuré que la guerre en Ukraine "touchait à sa fin" et a fustigé les pays occidentaux pour leur soutien à Kiev.
Il avait dénoncé samedi matin, lors d'un bref discours sur la place-Rouge pour les commémorations du 9-mai 1945, le fait que son armée affrontait en Ukraine des forces "agressives" soutenues par l'Otan.
Le défilé a été marqué par l'absence d'équipements militaires, tels que des chars et lances-missiles qui d'ordinaire remontent la place centrale de Moscou.
Le dirigeant s'est exprimé devant plusieurs centaines de soldats se tenant sur la grande place de Moscou. Des militaires de l'armée nord-coréenne, qui a aidé Moscou à chasser au printemps 2025 des troupes ukrainiennes de la région de Koursk, ont participé à ces commémorations.
- Suspension d'internet -
Ce défilé s'est déroulé sous haute sécurité, avec suspension de l'internet mobile dans le centre de Moscou.
Ces commémorations sont un évènement hautement symbolique permettant à Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de mobiliser la mémoire de la victoire soviétique et de rallier la population russe derrière la campagne militaire en Ukraine.
"Nous devons chasser (les Ukrainiens, ndlr) de notre territoire", dit à l'AFP depuis Moscou Lidia, une retraitée russe de 82 ans, reprenant le discours du Kremlin qui revendique l'annexion de régions de l'est et du sud de l'Ukraine, dont le Donbass.
A Kiev, Mikhaïlo Porkhatchov, un Ukrainien de 29 ans, dit lui que les Russes ne respectent pas la trêve. Il raconte avoir parlé samedi matin avec ses parents, à Zaporijjia, à une vingtaine de kilomètres du front, qui lui ont rapporté des "explosions" et des sirènes aériennes dans cette ville ukrainienne.
Seuls les dirigeants du Bélarus, de la Malaisie et du Laos et le Premier ministre slovaque Robert Fico se sont déplacés à Moscou, selon le Kremlin.
Les discussions ont repris cette semaine entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride.
Ces pourparlers étaient passés au second plan depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Vendredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit espérer la venue prochaine en Ukraine des négociateurs américains.
L'offensive russe à grande échelle sur l'Ukraine lancée en 2022 et entrée dans sa cinquième année a fait des centaines de milliers de morts. C'est le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
J.L. de Oliveira--JDB