Plombé par la concurrence chinoise, Volvo Cars dans le rouge réduit encore ses effectifs, l'action s'effondre
Sous pression à cause de l'hyperconcurrence chinoise et des droits de douanes américain, le constructeur automobile suédois Volvo Cars a annoncé vendredi une perte nette au troisième trimestre et la suppression de 2.500 postes, soit environ 6,4% de ses effectifs.
Vers 11H00 GMT, l'action s'effondrait de 27%, à 10,32 couronnes suédoises (0,93 euro) à la Bourse de Stockholm .
Le constructeur, contrôlé par le groupe chinois Geely, employait 39.300 salariés dans le monde au cours des neuf premiers mois de 2026, dont 19.500 en Suède, a-t-il indiqué dans un courriel à l'AFP. Sur les suppressions de postes annoncées, 2.000 concernent la Suède.
Il s'agit principalement d'employés de bureaux et touche surtout ses opérations à Göteborg (ouest).
"Nous continuons d'évoluer dans un environnement très difficile, marqué par de fortes pressions extérieures: la démondialisation, une concurrence exacerbée et le changement climatique", a déclaré Håkan Samuelsson, patron du groupe spécialisé dans la vente de voitures électriques.
Le syndicat suédois Unionen a déclaré à l'AFP ne pas avoir été informé en amont de ce plan de suppressions de postes, tout en précisant qu'il s'y attendait en raison du gel des embauches.
Ces nouvelles suppressions de postes font suite aux 3.000 annoncées en mai 2025, dans le cadre d'un plan d'économies de 18 milliards de couronnes (1,61 milliard d'euros). Deux ans plus tôt, 1.300 postes avaient déjà été touchés en Suède.
- "Concurrence intense" -
Qualifiant ce troisième trimestre 2026 de "très décevant", le directeur général a évoqué en particulier des marchés à la peine aux Etats-Unis et en Chine.
En Chine, Volvo Cars souffre de la "concurrence intense des nouvelles marques chinoises, qui a pratiquement supprimé toute possibilité de rentabilité pour les marques premium historiques".
Une situation qui a entraîné une baisse de près de 50% de son chiffre d'affaires dans ce pays, par rapport à l'an dernier.
Aux Etats-Unis, les "effets persistants" des droits de douane mis en place par Donald Trump, ainsi que la suppression des aides à l'achat de véhicules électrifiés pèse lourdement sur son activité.
"Les faibles performances enregistrées aux États-Unis et en Chine signifient que la moitié de nos activités ne contribuait pas à notre rentabilité", a précisé M. Samuelsson.
Volvo Cars bascule ainsi dans le rouge au troisième trimestre avec une perte nette de 5,7 milliards de couronnes (environ 513 millions d'euros), contre un bénéfice net de 4,5 milliards un an plus tôt.
Son chiffre d'affaires s'est établi à 66,9 milliards de couronnes (6 milliards d'euros) sur cette période, en baisse de 23% par rapport à l'année dernière.
Sur le plan de la rentabilité, le groupe a enregistré une perte d'exploitation ajustée de 3,7 milliards de couronnes suédoises (environ 330 millions d'euros), contre un bénéfice de 5,8 milliards de couronnes un an plus tôt.
Dans ce contexte, le groupe veut réaliser 5 milliards d'économies avec les suppressions de postes annoncés, "par la résiliation des contrats de consultants, de départs naturels et grâce à des plans de départ ciblés proposés aux salariés", a-t-il souligné dans son rapport trimestriel.
Pour Hampus Engellau, analyste à la banque Handelsbanken, le constructeur est également "confronté à des problèmes qui lui sont propres", dit-il à l'AFP. "Le groupe ne parvient pas à augmenter suffisamment les cadences de production et les ventes de son nouveau modèle électrique", EX60.
Ce véhicule a rencontré un grand succès en Europe, avec plus de 50.000 commandes mais Volvo Cars peine à augmenter sa production aussi rapidement que prévu en raison de nouvelles technologies industrielles, explique-t-il dans son rapport.
Volvo Cars a renoncé en 2024 à son objectif de vendre uniquement des véhicules électriques en 2030.
Un nouveau patron succédera à Håkan Samuelsson au plus tard le 1er octobre 2027: Klaus Zellmer, actuellement à la tête de Škoda Auto.
M. dos Santos--JDB