Moyen-Orient: le calme règne sur les marchés mondiaux avant des pourparlers incertains
Les marchés mondiaux attendent vendredi les pourparlers à venir au Pakistan entre les délégations américaines et iraniennes, ravivant les espoirs des investisseurs d'une trêve durable au Moyen-Orient.
Sur les Bourses, au troisième jour du cessez-le-feu, "optimisme et prudence s'équilibrent", a estimé Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets.
L'incertitude règne autour du démarrage à Islamabad de pourparlers entre Iraniens et Américains prévu vendredi, l'arrivée des délégations n'ayant pas été confirmée, alors que Donald Trump accuse Téhéran de ne pas respecter l'accord.
En parallèle, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban, mais le pays insiste sur "un cessez-le-feu avant tout début de négociations", a déclaré à l'AFP un responsable libanais requérant l'anonymat.
"Le point central est que les marchés anticipent déjà un scénario positif, en supposant que le cessez-le-feu débouchera sur une désescalade durable et un retour à la normale sur les marchés de l'énergie", commente Daniela Hathorn, analyste marchés de Capital.com.
- Les Bourses mondiales calmes et optimistes -
"Les marchés évoluent de plus en plus sur fond d’optimisme concernant le cessez-le-feu au Moyen-Orient, la hausse des actions se poursuivant alors que les investisseurs misent sur l'idée que l'accord tiendra et que le pire du choc énergétique est probablement derrière nous", estime Daniela Hathorn.
En Europe, vers 12H10 GMT, la Bourse de Paris gagnait 0,70%, Francfort montait de 0,75%, Londres prenait 0,34% et Milan 0,73%.
Comme les Bourses européennes, Wall Street devrait ouvrir à l'équilibre, d'après les contrats à terme sur les principaux indices: Nasdaq +0,09%, S&P 500 +0,03% et Dow Jones: -0,04%.
En Asie, l'indice hongkongais Hang Seng a terminé en hausse de 0,55%. La Bourse de Séoul a gagné 1,40%. L'indice phare japonais Nikkei a clôturé en hausse de 1,84%.
- Le pétrole à l'équilibre -
Avec les pourparlers à venir, les cours du pétrole s'installent sous la barre symbolique des 100 dollars le baril.
"Si l'annonce d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a initialement provoqué une forte réduction de la prime de risque géopolitique (...), le marché s'est rapidement recentré sur la réalité sous-jacente: le détroit d'Ormuz reste fortement contraint et le système pétrolier mondial fonctionne loin de la normale", souligne Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières pour Saxo.
Le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale contrôlée par Téhéran qui l'avait bloquée ces dernières semaines, reste en effet au cœur des préoccupations, sa réouverture étant une condition du cessez-le-feu.
Donald Trump a mis en garde l'Iran contre la mise en place de tout péage pour les navires souhaitant traverser le détroit.
Un pétrolier non-iranien, le premier depuis le début de la trêve, a franchi jeudi le détroit, mais le trafic est encore loin d'un retour à la normale.
"Le meilleur scénario serait qu'un accord soit conclu pour rouvrir le détroit", relève Kathleen Brooks, directrice de recherche à XTB. "Si cela ne se produit pas, nous pourrions assister à un sérieux accès d'aversion au risque (...) avec une flambée des prix du pétrole."
Vers 12H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence sur le marché du brut, progressait de 0,21% à 96,12 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, prenait 0,51% à 98,37 dollars le baril.
- Légère remontée des taux d'emprunt -
Les doutes qui persistent sur une trêve durable au Moyen-Orient et la prudence des investisseurs se traduisent sur le marché de la dette des Etats, avec une légère remontée des taux d'emprunt vendredi.
Référence en Europe, le taux de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (le "Bund") était de 3,03% vendredi vers 12H00 GMT, contre 2,99% la veille. Son homologue français affichait un taux de 3,67%, contre 3,61% la veille.
Côté monnaies, le dollar américain freine ses gains "en réaction à l'optimisme croissant des investisseurs quant à une désescalade au Moyen-Orient", note Lee Hardman, analyste de MUFG.
Vers 12H00 GMT, le dollar cédait 0,09% face à la monnaie unique, à 1,1711 dollar pour un euro.
X. Teixeira--JDB