Guerre au Moyen-Orient: la zone euro sous pression si la hausse des prix d'énergie perdure, selon la Bundesbank
Le président de la Banque fédérale d'Allemagne a prévenu jeudi que de longs combats au Moyen-Orient pourraient mener à une situation pouvant s'apparenter à de la stagflation en zone euro, avec une croissance faible et une hausse persistante des prix.
"Les conséquences économiques de la guerre (menée contre l'Iran) dépendent fortement de la durée des affrontements" et se traduisent pour le moment essentiellement par une flambée des prix du pétrole et du gaz, a affirmé le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, lors de la conférence de presse annuelle de l'institution.
"Si les prix de l'énergie restaient élevés pendant une période prolongée, cela tendrait à entraîner dans la zone euro une inflation plus forte et une conjoncture plus faible", a prévenu M. Nagel.
En revanche, si les combats "prennent fin rapidement, avec un accord politique et, au pire, des dommages minimes aux infrastructures énergétiques de la région, les prix de l'énergie pourraient bientôt redescendre", a-t-il ajouté.
Les conséquences pour l'inflation seraient alors "de courte durée et globalement limitées".
Pour la politique monétaire, alors que les spéculations sur un nouveau resserrement des taux reprennent, la BCE devra déterminer s'il s'agit de "chocs d'offre temporaires", selon le banquier central.
En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une hausse brutale des prix de l'énergie amenant un pic d'inflation à plus de 10 % à l’automne.
La Banque centrale européenne, qui se réunit dans deux semaines, débattra de la situation avec en main de nouvelles projections économiques pour se décider.
A ce stade, "il n'est pas approprié de tirer des conclusions à partir des informations limitées" et compte tenu d'un environnement "très erratique", selon M. Nagel.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a affirmé jeudi que le choc inflationniste de 2022, survenu après le Covid, avait touché l'ensemble des matières premières, ce qui n'est pas le cas en 2026.
Il ne voit donc pas de raison, à ce stade, pour la BCE de relever ses taux, tout en jugeant la situation "sérieuse".
La Bundesbank a par ailleurs fait état jeudi d'une perte de 8,6 milliards d'euros en 2025, plus que divisée par deux par rapport à 2024 et qui résulte toujours des conséquences de la politique monétaire menée pendant les années de crise.
Elle prévoit un nouveau déficit cette année et ne s'attend pas à verser à nouveau un dividende à l’État avant longtemps, un processus que M. Nagel décrit comme " un marathon " jusqu'au retour à la normale.
M. Andrade--JDB