Audiovisuel public: le président de la commission d'enquête pointe les "méthodes de l'extrême droite"
Le président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a estimé mardi que les Français pourront se faire un avis sur "les méthodes de l'extrême droite", avec la publication du rapport Alloncle lundi prochain.
"J'ai souhaité pendant toute la commission d'enquête qu'elle puisse se dérouler devant le regard des Français, que les Français puissent juger des méthodes de l'extrême droite" et "de la manière dont Charles Alloncle dans un rapport parlementaire insinue, porte des accusations graves" envers des personnes, a déclaré M. Patrier-Leitus à France Inter au sujet du travail de son collègue UDR, allié du RN.
Le président de la commission d'enquête a lui-même approuvé lundi ce rapport litigieux de près de 400 pages afin de permettre sa publication, ce qui lui a été vivement reproché par la gauche.
"Dans ma lutte, dans mon combat contre l'extrême droite, je refuserai toujours d'utiliser leurs méthodes: la censure, la remise en cause de la liberté d'expression, je leur laisse", a-t-il justifié.
Que M. Alloncle "assume son objectif politique", a poursuivi M. Patrier-Leitus. "Quand on baisse d'un milliard d'euros, soit 25%, le budget de l'audiovisuel public, c'est qu'on souhaite affaiblir l'audiovisuel public", a-t-il souligné au sujet des propositions de l'élu du parti d’Éric Ciotti.
"Est-ce que demain Charles Alloncle, ministre de la Culture de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, mettra en œuvre le programme de privatisation de l'audiovisuel public du Rassemblement national?", a-t-il interrogé.
Lundi soir sur le plateau de Cyril Hanouna sur W9, Charles Alloncle a dit espérer que les directions de France Télévisions et Radio France se saisissent de ses propositions pour justement éviter une telle privatisation.
Le président de la commission d'enquête s'est en outre demandé si M. Alloncle avait pu agir "par consigne ou par commande" de personnes qui voudraient "racheter l'audiovisuel public à vil prix".
Avant le vote crucial de lundi, Le Monde a révélé que Lagardère News, propriétaire du JDD et d'Europe 1 et dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, avait envoyé à des députés une série de questions à poser aux personnes auditionnées.
M. Patrier-Leitus va travailler de son côté à des propositions pour un audiovisuel public "puissant, souverain, indépendant" pour le dirigeant de son parti Édouard Philippe, en vue de la présidentielle.
Le député MoDem Erwan Balanant a indiqué mardi sur franceinfo que son groupe allait produire pour sa part un "contre-rapport" à celui de Charles Alloncle.
O. Henrique--JDB