24 heures du Mans: vers un duel final BMW-Cadillac avec Toyota en embuscade
Les 24 Heures du Mans s'acheminent dimanche vers un duel final entre BMW et Cadillac même si, à quatre heures de l'arrivée, Toyota qui a gagné cinq fois dans la Sarthe reste en embuscade.
Sur le circuit de la Sarthe inondé de soleil, la BMW allemande N.20, pilotée en fin de matinée par le Néerlandais Robin Frijns, et la très rapide Cadillac américaine N.12 aux mains du Français Norman Nato se sont échangé la tête de course, au gré des arrêts aux stands.
Nato, nouveau leader provisoire, tient à distance les deux Toyota N.8 et 7 qui veulent retrouver leur titre au Mans raflé cinq fois de 2018 à 2022. Mais aussi la Ferrari N.51 pilotée par le Britannique James Calado, 5e, après l'abandon de sa jumelle N.51 vers 10h30, sur un soupçon de problèmes électriques.
Il reste une troisième Ferrari, la 499P jaune de l'écurie privée AF Corse, tenante du titre, aux mains de l'ancien pilote de F1 polonais Robert Kubica et qu'il maintient au 6e rang.
Les trois Hypercars italiennes sont championnes du monde en titre et détentrices des couronnes mancelles depuis 2023. Mais la 94e édition des 24 Heures du Mans pourrait être celle de la chute de Ferrari.
- Abandon de la Ferrari N.50 -
La filiale Cadillac de General Motors court après sa première victoire, ce qui serait inédit pour une marque américaine depuis que Ford a terrassé Ferrari en 1966.
Une première Cadillac, la N.38, a dû abandonner sur casse de la direction vers 08h00, alors que l'un de ses trois pilotes, le Français Sébastien Bourdais, courait après sa première victoire en compagnie de ses coéquipiers néo-zélandais Earl Bamber et britannique Jack Aitken.
En 21 participations au Mans, Bourdais a terminé au mieux à la 2e place à trois reprises (2007, 2009, 2011).
La Toyota N.8 du Japonais Ryo Hirakawa devance la BMW N.20 qui s'est arrêtée au stand après avoir filé dans les graviers.
Depuis le petit matin, alors que des spectateurs avaient passé hagards une nuit fraîche dans les tribunes, des Hypercars filant à 340 km/h dans un vacarme assourdissant ont commis des erreurs de pilotage qu'elles ont chèrement payées.
La BMW N.15, partie en pole position samedi devant 400.000 personnes sous un soleil caniculaire, s'est accrochée avec un retardataire, a dû passer au stand pour réparer et a dégringolé au classement.
Ferrari a également commis quelques erreurs et la N.50 italienne, déjà victime d'un problème mécanique, a chuté dans les profondeurs du classement avant d'abandonner.
Et la fin de matinée a été encore perturbée par un accident spectaculaire mais sans gravité pour le pilote d'une Porsche GT qui a provoqué l'intervention de la voiture de sécurité pendant une heure.
- Les deux Alpine dans le top 10 -
Côté français, les deux Alpine sont 7e et 10e. Les très esthétiques Hypercars A424 du constructeur tricolore, dont la maison mère Renault a imposé le retrait de l'endurance en fin de saison, ont réalisé une course pour l'instant solide.
En revanche, les Peugeot 9X8, qui prennent une "douche froide" dans la Sarthe selon le directeur du constructeur français, Alain Favey, pour le centenaire de sa participation, sont 12e et 13e, à la faveur de l'abandon d'une Genesis, filiale de Hyundai, nouvelle venue dans le Championnat d'endurance WEC.
Dans la catégorie intermédiaire Le Mans Prototype 2 (LMP2), 19 voitures au même châssis français Oreca, la Française Doriane Pin, pilote de développement chez Mercedes en F1 et une des deux seules femmes au départ, a repris la tête et, avec ses coéquipiers Julien Andlauer et Richard Verschoor, se bat pour la victoire.
Enfin, en GT3, c'est une Corvette qui dominait les débats. Le Prince Jefri Ibrahim, fils du roi de Malaisie, occupe la 51e place sur une autre Corvette.
Neuf voitures ont abandonné sur les 62 au départ.
Y. Machado--JDB