Canicule: record à 37,8°C en France pour un mois de mai, 17 départements en vigilance orange
Parapluies pour les touristes à Paris, volets fermés pour des personnes âgées dans le Sud-Ouest... Chacun essaie jeudi de s'adapter pour traverser l'épisode de chaleur, "historique" selon Météo-France, avec un record battu pour un mois de mai: 37,8°C à Angoulême-La Couronne, en Charente.
La température a également atteint 37,6°C à Narbonne (Aude) et 37,4°C à Perpignan, soit plus que le précédent record mensuel national, qui était de 37°C enregistrés à Sollacaro (Corse), selon les données provisoires de Météo-France transmises à l'AFP.
Taxé d'"impréparation" par l'opposition, Sébastien Lecornu a réuni plusieurs ministres à Matignon afin de travailler à un "plan d'endurance" pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.
Lors de cette réunion, le Premier ministre a fait passer le message, selon des participants, que ce n’était pas à l’Etat de tout gérer - le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités - et qu’il mettait déjà beaucoup d’argent sur la table.
Outre l'Ouest, le Nord-Ouest et Paris en vigilance orange comme 17 départements au total, la chaleur a été très marquée jeudi après-midi sur le Sud-Ouest, le Languedoc et la vallée du Rhône (en vigilance jaune), selon Météo-France.
Les maximales atteignent des niveaux très élevés pour une fin de printemps, "de 10 à 15 degrés, voire plus, au-dessus des moyennes d'une fin mai", d'après l'institut. Jeudi, à nouveau, certaines stations ont relevé des valeurs encore jamais atteintes pour un mois de mai, comme 36,6°C à Bordeaux ou encore 36°C à Niort.
La chaleur va commencer à régresser vendredi par le nord-ouest, permettant une levée progressive de la vigilance orange pour la Bretagne et la Manche, avance Météo-France.
A La Gacilly (Morbihan), Marie-Rose Prodhon, 82 ans, dit ne pas trop souffrir du mercure mais juge "très inquiétantes ces chaleurs torrides". "C'est une spirale", témoigne auprès de l'AFP cette touriste. "Quand on voit les inondations, les sécheresses, les arbres qui meurent, ça m'inquiète."
- Écoles surchauffées -
L'écologiste Marine Tondelier s'est dite "effarée par l'impréparation du gouvernement", dénonçant la baisse du Fonds vert et la lenteur des rénovations scolaires.
"Le gouvernement doit sortir de la gestion de crise au coup par coup et prendre des mesures structurantes, en particulier pour adapter les logements et les écoles aux fortes chaleurs", a exhorté Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat.
Matignon rétorque que la crise est gérée au quotidien et que "toutes les mesures ont été prises".
Une école élémentaire de Soustons (Landes) a décidé de fermer ses portes jeudi et vendredi après-midi pour préserver les enfants, la température ayant grimpé à 53°C sous une verrière de l'établissement en début de semaine.
A Paris, le maire Emmanuel Grégoire, en visite dans une maternelle du 12e arrondissement, a reconnu que la température était élevée dans certaines classes, tout en rappelant que les fermetures d'école relevaient du rectorat.
"Mon fils est mieux ici qu'à la maison", témoigne Gaëlle, mère d'un garçon en moyenne section placé dans une classe du rez-de-chaussée, parmi les plus fraîches.
La fermeture d'établissements scolaires ne doit intervenir qu'en dernier recours, lorsqu'aucune solution ne permet d'accueillir les élèves en toute sécurité, prévient le ministère de l'Éducation nationale dans son plan de gestion des vagues de chaleur publié jeudi.
- Pollution à l'ozone -
Cette chape de plomb s'accompagne d'une dégradation de la qualité de l'air, avec des épisodes de pollution critique à l'ozone sur plusieurs régions, comme l'Ile-de-France et Rhône-Alpes. La préfecture de police a annoncé l'entrée en vigueur en région parisienne de mesures de restriction, dont la circulation différenciée, de jeudi midi à samedi soir.
Cet épisode caniculaire précoce est causé par un "dôme de chaleur" persistant sur l'Europe de l'Ouest, qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord. Il a propulsé l'indicateur thermique national à 24,9°C mardi, un niveau inédit, et a déjà provoqué plusieurs décès en France selon le gouvernement.
Selon le consensus scientifique, le changement climatique induit par l'activité humaine rend plus intenses les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur. Les prévisions officielles tablent sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici à 2050.
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M. de Jesus--JDB