Yémen: nouvelles attaques meurtrières des rebelles houthis dans une région pétrolifère
Au moins huit membres des forces gouvernementales et deux civils ont été tués vendredi au Yémen dans de nouvelles attaques des rebelles houthis dans une province riche en pétrole, au lendemain des frappes les plus meurtrières depuis la trêve de 2022.
Jeudi, au moins 58 soldats avaient été tués par des tirs de missiles et de drones, notamment dans la région de Marib (centre), au coeur des hostilités.
Les Houthis pro-iraniens ont également frappé l'Arabie saoudite jeudi soir, faisant 11 blessés, selon la coalition militaire dirigée par Ryad, qui était intervenue en 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement face aux rebelles.
La coalition ne restera pas "les bras croisés", a averti vendredi une source proche de l'armée saoudienne, disant que Marib constituait une "ligne rouge". Sans "chercher l'escalade, nous ne permettrons pas que l'équilibre actuel des forces sur le terrain soit modifié", a-t-elle insisté.
Marib est une province stratégique dont des secteurs sont aux mains des rebelles et d'autres du gouvernement, qui contrôle notamment la ville du même nom ainsi que des champs et des installations pétrolières.
L'attaque a été perpétrée vendredi dans un secteur au sud de Marib, faisant huit morts et 12 blessés, selon un nouveau bilan communiqué à l'AFP par une source militaire sous couvert d'anonymat. Le précédent bilan faisait état de trois soldats tués.
Les Houthis ont lancé "plus de dix missiles et sept drones suicide visant des camps militaires", a-t-elle précisé, ajoutant qu'ils cherchaient à lancer une offensive sur la ville.
- Deux civils tués -
Dans une attaque distincte, deux civils ont péri à Marib, selon le ministre de la Santé.
Une source militaire avait annoncé 58 morts et des dizaines de blessés.
Les Houthis ont revendiqué l'ensemble de ces attaques, affirmant avoir agi en représailles au récent renforcement, selon eux, des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite.
"L'ennemi saoudien continue de mobiliser ses forces et de les pousser à l'escalade", a fustigé vendredi dans un communiqué le porte-parole militaire des rebelles, Yahya Saree.
Cette dernière flambée de violences ravive le spectre d'un retour à la guerre au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, où une trêve conclue en 2022 entre les Houthis, appuyés par Téhéran, et le gouvernement avait tenu, avant de voler en éclats le mois dernier.
La reprise du conflit, commencé en 2014, a constitué une nouvelle étape dans l'embrasement régional consécutif à la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Les Houthis ont aussi attaqué cette semaine des pétroliers en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, dans le cadre du blocus qu'ils avaient annoncé en juillet à l'encontre de la flotte saoudienne.
Ils avaient auparavant frappé des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, qui a de son côté tiré contre des positions des Houthis.
La guerre au Yémen avait fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire.
X. do Nascimento--JDB