Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran
L'armée américaine a repris jeudi ses bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre ses forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état d'explosions dans deux provinces du pays.
Les nouvelles frappes, lancées à 00H00 GMT jeudi, "constituent une réponse puissante aux attaques iraniennes avortées d'hier contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", a affirmé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
L'armée américaine avait annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir intercepté des missiles en provenance de l'Iran visant ses forces "au Moyen-Orient".
"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait déclaré mercredi le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News mercredi.
"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.
Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan. Sur l'île de Qeshm, "des équipes de secours cherchent à retrouver deux personnes piégées sous les décombres" d'une maison, a indiqué l'agence Irna.
Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).
-Riposte inévitable-
"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.
Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".
Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.
Dans la capitale iranienne, des habitants exhalent leur lassitude.
"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.
Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.
Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.
Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.
"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.
Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.
L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.
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H. de Araujo--JDB