Blocage des lycées: un vendredi sous haute tension, les syndicats reçus par le ministre
Quatre cents lycées fermés par les autorités, de nombreux cours en distanciel: après les violences de jeudi, le mouvement des lycées se poursuit vendredi sous haute tension, alors que le ministre de l'Education doit rencontrer syndicats et associations lycéennes.
Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.
A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés.
Ainsi le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés vendredi, dont les noms ont été énumérés dans l'arrêté. Dans tous les départements, la même consigne a été donnée, a-t-on ajouté au ministère de l'Intérieur.
A Rennes, vendredi matin, la tension est déjà présente, avec devant le lycée public Jean Macé, des lycéens présents, certains cagoulés et en noir, non loin de nombreux policiers.
"Pour nous on a gagné, on a notre lycée fermé ce matin", témoigne Lola, 16 ans, qui ne souhaite pas donner son nom, qui déplore les violences: "ça nous enrage encore plus, la police n'a pas le droit de nous taper, de nous gazer", glisse-t-elle, ajoutant manifester contre "les sous-effectifs, pour plus d’argent, pour la suppression de Parcoursup et pour des emplois du temps moins chargés".
Selon les services du Premier ministre, le mouvement serait une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". Suite à ces accusations, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme".
- Renouer le dialogue -
Le ministre a annoncé jeudi soir que près de 400 lycées (sur les 3.700 dans le pays) seraient fermés vendredi.
"La première chose, c'est de protéger nos élèves", a-t-il déclaré. "Je le dis aussi aux parents: ne laissez pas vos enfants partir dans ce genre de contexte".
Édouard Geffray a également annoncé que 65 personnels de l'Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement. "Il y a clairement une entreprise d'attaque et de destruction du service public de l'Éducation".
Dans ce contexte explosif, le gouvernement a renoncé à faire payer des frais d'inscription en BTS ou en classe prépa, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 présenté le matin même et fustigée par la gauche et plusieurs syndicats.
Afin de renouer le dialogue, Édouard Geffray doit rencontrer vendredi les syndicats de l'éducation et associations lycéennes, dont l'Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, et de parents d'élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
Son "objectif", a-t-il précisé sur X : "faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l’École".
Vendredi, de nombreux lycées ont prévu d'assurer les cours à distance, notamment à Marseille.
Au total, "1.027 établissements", sur environ 3.700 lycées en France, "ont été concernés jeudi par le mouvement lycéen, dont 222 blocages", selon le ministère de l'Intérieur. Les étudiants ont rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués.
Les organisations appellent à une poursuite du mouvement, avant une grande manifestation mardi.
M. dos Santos--JDB