L'éditeur canadien de Thélyson Orélien suspend sa tournée promotionnelle
Les éditions du Boréal ont annoncé jeudi la suspension de la tournée promotionnelle du roman de l'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, accusé d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle (IA) pour écrire "C'était ça ou mourir" et d'avoir plagié des textes au Canada.
"Pour assurer le bien-être de Thélyson Orélien, nous suspendons pour l'instant les activités promotionnelles entourant le livre", a déclaré dans un communiqué la maison d'édition de Montréal, à l'origine de la publication du roman au printemps au Canada.
Boréal a assuré que l'IA n'avait pas été utilisée depuis la réception du manuscrit, et qu'ils travaillaient de concert avec l'auteur pour établir que l'oeuvre avait bien été écrite par M. Orélien.
"Malheureusement, il nous est impossible à ce stade-ci d'infirmer ou de confirmer les allégations auxquelles l'auteur fait face", a continué l'éditeur, nuançant qu'il ne fallait pas "tirer de conclusions hâtives".
Le Salon du livre de l'Estrie, au Québec, a également annoncé jeudi exclure de sa programmation l'auteur, indiquant "qu'il retire à M. Thélyson Orélien le titre d'invité d'honneur et l'invitation à participer aux deux activités qui figuraient à la programmation".
Auteur de l'un des best-sellers de la rentrée, le romancier de 38 ans, qui a remporté lundi le prix du roman Fnac et figure dans les sélections de plusieurs autres récompenses comme le Goncourt, a été mis en cause lundi sur le réseau social X par le compte anonyme "Balance ton Claude", jusqu'alors confidentiel.
Celui-ci a affirmé que le livre avait été "presque intégralement" écrit par une intelligence artificielle, après en avoir fait analyser des extraits par le logiciel américain Pangram.
A ces accusations se sont ajoutées mercredi des allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans. Le quotidien québécois La Presse a notamment indiqué avoir constaté qu'une de ses chroniques publiée en 2013 était dans sa "quasi-totalité" une "traduction légèrement remaniée" d'un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star, toujours accessible en ligne.
L'écrivain a dénoncé jeudi auprès de l'AFP une "volonté" de le "faire taire".
L. Araujo--JDB