La Bourse de Paris termine prudemment, nouvelle flambée du coût de la dette
La Bourse de Paris a fini en léger recul mercredi, après une séance marquée par une nouvelle hausse du pétrole et une flambée des taux d'intérêt de la dette des Etats, sur fond d'incertitudes au Moyen-Orient.
Le CAC 40 a perdu 0,39%, à 8.123,41 points, soit un recul de 31,50 points. La veille, l'indice vedette parisien avait pris 0,20%.
"La combinaison de prix élevés de l'énergie et du manque de nouveaux catalyseurs boursiers pèse sur l'ensemble du marché", souligne Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
Les investisseurs ont encaissé mercredi une nouvelle hausse des prix du pétrole, avec un baril de Brent dépassant à nouveau le cap symbolique des 100 dollars, en raison des incertitudes au Moyen-Orient.
Un cargo a pris feu dans le stratégique détroit d'Ormuz après avoir été touché par un projectile "d'origine inconnue", a indiqué mercredi l'agence de sécurité maritime britannique, UKMTO.
Cette information intervient après que Donald Trump a annoncé mardi que le dialogue entre Téhéran et Washington avait repris, avec une "rencontre qui a duré trois heures", selon le président américain, qui a parlé d'une "très bonne" réunion avec les représentants iraniens.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui affirmé mercredi que l'Iran avait été "victime du terrorisme", en référence à l'offensive militaire des Etats-Unis et Israël contre la République islamique, tout en prévenant que son pays ne baisserait "jamais la tête".
- Nouvelle flambée des taux, le "spread" se creuse -
Après une matinée d'accalmie, les taux d'intérêt des dettes des Etats ont à nouveau flambé partout, en raison de cette nouvelle hausse des prix du pétrole qui ravive les craintes inflationnistes.
Le rendement des obligations françaises a bondi de 0,15 point de pourcentage par rapport à la veille, à 4,65%, au plus haut depuis 2008. L'équivalent allemand, référence en Europe, s'est hissé à 3,55%, contre 3,46% la veille.
Le "spread", l'écart entre les deux, a donc grimpé à 1,10 point de pourcentage, contre 1,04 la veille, signe de la défiance croissante envers la signature de la France, où les incertitudes politiques et budgétaires pèsent sur la perception des investisseurs.
Il s'agit d'un niveau jamais vu depuis 2012.
Cette "prime de risque qui pèse sur la dette française va durer, tant que les discussions sur le budget restent incertaines et que l'élection présidentielle s'approche", relève Isabelle de Gavoty, responsable de gestion actions Europe chez AllianzGI.
Le marché obligataire européen a également réagi à un indicateur montrant la robustesse de la croissance en Europe.
L'activité du secteur privé dans la zone euro a connu en septembre sa plus forte croissance depuis avril 2023, soit près de trois ans et demi, grâce à un rebond de l'industrie allemande, selon l'indice PMI Flash publié mercredi par S&P Global.
Or, ces bons chiffres peuvent être interprétés "comme une source potentielle de pressions inflationnistes supplémentaires", selon Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro.
P. Batista--JDB