Syrie: des civils fuient une zone contrôlée par les Kurdes avant l'expiration d'un délai
Des civils fuient vendredi une zone du nord de la Syrie avant l'expiration d'un délai accordé par l'armée de Damas, qui veut étendre son contrôle sur ce secteur tenu par les combattants kurdes, après les avoir délogés de la ville d'Alep.
L'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a annoncé sur X oeuvrer "sans relâche" pour "empêcher une escalade" entre le gouvernement et les Kurdes, tous deux soutenus par Washington.
Les forces syriennes ont massé d'importants renforts à Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alep, et sommé les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d'évacuer un secteur entre cette région et l'Euphrate, plus à l'est.
Depuis jeudi, des civils quittent la région par des routes secondaires, certains empruntant un pont branlant sur un bras de l'Euphrate, ont constaté des correspondants de l'AFP.
"Les FDS nous ont empêchés de partir, c'est pour cela que nous sommes sortis par une route agricole et nous avons traversé le pont", a dit Abou Mohammad, un homme de 60 ans accompagné de sa famille.
Il a indiqué qu'ils se rendaient à un centre d'accueil établi par les autorités à Alep.
Les autorités syriennes avaient accusé les FDS d'empêcher les civils de partir, ce que ces dernières avaient démenti jeudi.
Dans un communiqué vendredi, les forces kurdes ont affirmé que l'armée avait bombardé Deir Hafer dans la nuit, "pour faire pression sur les habitants et les forcer à partir".
Le pouvoir islamiste syrien, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, avait pris dimanche le contrôle de l'ensemble d'Alep, principale ville du nord de la Syrie, après des combats avec les Kurdes qui y tenaient deux quartiers.
Damas avait signé un accord en mars 2025 avec les Kurdes pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat syrien, mais son application est bloquée en raison des exigences contradictoires des deux parties.
Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie après avoir défait le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) avec l'appui d'une coalition multinationale.
L. Araujo--JDB