Mode féminine: Dior et Saint Laurent ouvrent le bal des défilés à Paris
Avec le deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior à la mi-journée et le show très attendu en soirée d'Anthony Vaccarello pour Saint Laurent, la Fashion Week parisienne entre dans le vif du sujet mardi, dans un contexte international tendu qui ne devrait toutefois pas modifier son programme.
Il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", a assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), qui pilote cet événement débuté lundi, deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.
Les organisateurs restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", a-t-il ajouté.
Dior, avec un show prévu à 14h30 (13h30 GMT) autour du bassin de l'Octogone, dans le jardin des Tuileries, doit donc lancer pour de bon cette semaine de la mode féminine, dédiée à l'automne-hiver 2026.
Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.
- "Codes" -
"C'est le seul aujourd'hui" qui réussisse à faire cela, tout en supervisant sa propre marque JW Anderson et une collaboration avec Uniqlo, a fait valoir auprès de l'AFP Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.
"Dior, c'est une maison très codée, comme Chanel: il y a une +grammaire+ Dior et je trouve qu'il la respecte tout en la +twistant+ avec talent", a-t-il poursuivi.
Après une première collection homme saluée en juin et une première ligne femme accueillie en octobre de façon plus mesurée, Jonathan Anderson avait présenté en janvier à Paris un deuxième vestiaire masculin plus extravagant.
Puis, pour son premier défilé haute couture, le créateur nord-irlandais de 41 ans avait livré fin janvier une ligne aristo-punk très florale, fidèle à son esprit subversif, en hommage à l'amour de Christian Dior pour la nature.
L'invitation du défilé de mardi consiste d'ailleurs en deux chaises de jardin vertes format miniature, typiques de celles que l'on trouve par exemple aux Tuileries.
Pour Jeanne le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie-Claire, le show de Jonathan Anderson est clairement un événement car "son défilé de prêt-à-porter s'est révélé très différent de la haute couture et même de l'homme".
- "Héritage" -
L'autre moment fort de la journée aura lieu à 20h00 (19h00 GMT), là aussi en extérieur, autour de la Fontaine du Trocadéro, avec le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016.
Nul doute que pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, aura à cœur de marquer les esprits.
"Il s'inscrit dans une continuité assez remarquable. Ca m'impressionne, je dois dire, car il était assez critiqué à ses débuts", a souligné Jeanne Le Bault.
"En fait, il a su réinterpréter tout l'héritage Saint Laurent, en gardant les mêmes codes à chaque saison - l'accent sur les épaules, les volumes, les coupes structurées - mais en injectant des couleurs fortes, une identité visuelle très remarquée", a-t-elle détaillé, évoquant des "lignes très nettes, des palettes réduites, sans fioriture, pour un discours très clair".
Sans oublier que les premiers rangs font figure de spectacle à eux seuls.
La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.
En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.
M. Silva--JDB