Sécheresse au Royaume-Uni: les pompiers "sous pression" face à la multiplication des incendies
Les pompiers britanniques subissent "une pression considérable" du fait des feux attisés par la chaleur et la sécheresse, a averti vendredi Phil Garrigan, chef des services d'incendie du Royaume-Uni, au lendemain d'un grave sinistre dans le centre de l'Angleterre.
Trois pompiers ont été hospitalisés, blessés en combattant ce brasier d'une rare virulence à Stourbridge, au sud-ouest de Birmingham, avec des maisons en flammes, des habitants évacués et d'autres traités pour inhalation de fumée.
Des photos de l'AFP montrent notamment plusieurs habitations entièrement brûlés et un homme, valise à la main, en train de fuir son domicile.
Selon le chef des pompiers des West Midlands, Simon Tuhill, il s'agit de "l'un des incendies les plus importants" auxquels ses services "aient jamais eu à faire face". Il a indiqué que les "dégâts étaient considérables".
Dans un message publié tard jeudi sur le réseau social X, le Premier ministre Andy Burnham a rendu hommage aux services de secours, louant leur travail mené "dans des conditions incroyablement difficiles".
Interrogé vendredi sur la radio de la BBC, Phil Garrigan, dirigeant du Conseil national des chefs des pompiers du Royaume-Uni (NFCC), a fait état de "11 incidents majeurs" récents à travers le pays, citant notamment l'incendie de Stourbridge.
"Ca a été une période particulièrement difficile et chargée pour les services d'incendie et de secours, durant laquelle nous avons subi une pression considérable", a-t-il déclaré, soulignant que "les pompiers sont en première ligne face au changement climatique depuis plusieurs années".
Près des trois quarts de l'Angleterre (71,3%), dont la région de Birmingham, sont actuellement en état de sécheresse, sous l'effet de vagues de chaleur et de précipitations quasi inexistantes, un phénomène inédit depuis 1836.
Le Royaume-Uni est en passe d'enregistrer son été le plus chaud, a indiqué en début de semaine l'agence météorologique britannique.
La température moyenne dans le pays entre le 1er juin et le 10 août s'est établie à 16,48°C, soit 1,88°C au-dessus de la moyenne enregistrée entre 1991 et 2000.
Dans un communiqué, le NFCC a appelé le gouvernement à renforcer les moyens de lutte contre les incendies: "Le risque augmente plus rapidement que notre capacité collective à y répondre. Le changement climatique, les périodes prolongées de chaleur extrême et l'évolution de l'usage des terres entraînent des feux de végétation plus fréquents, plus vastes et plus complexes."
P. Duarte--JDB