Charente-Maritime: l'érosion d’une plage engendre la coupe d'une centaine d'arbres
Des travaux d'urgence ont démarré depuis la fin février à Saint-Palais-sur-Mer, près de Royan (Charente-Maritime), pour "sécuriser" une plage menacée par la chute d'arbres fragilisés par l'érosion et les tempêtes Nils et Pedro.
Dans la zone, le trait de côte recule d'environ 10 à 15 mètres par an et les tempêtes hivernales ont abimé les arbres de la forêt des Combots d'Ansoine qui bordent la plage de la Lède fréquentée par des milliers d'estivants chaque année.
"Nous devons couper et évacuer les arbres pour sécuriser les usagers, car ils menacent de tomber sur la plage", a expliqué mercredi Samuel Gendrillon, technicien forestier de l'Office national des forêts (ONF), lors d'un point-presse devant la dune "totalement anéantie par les tempêtes successives".
Une "centaine" de pins maritimes sont ainsi en train de disparaître du paysage sur une "bande de 900 mètres de long et 20 mètres de profondeur", composée également d'un sous-étage de chênes verts et autres végétaux.
"Il s'agit aussi d'empêcher qu'ils partent à l'océan, ce qui pourrait créer des chocs avec les bateaux ou les parcs ostréicoles", dans cette zone proche de Marennes-Oléron, a ajouté M. Gendrillon.
Pour Jean-Michel Laloue, technicien au Conservatoire du littoral, propriétaire de la forêt, "c'est un crève-cœur d'évacuer ces arbres mais nous n'avons pas le choix".
"C'est de l'adaptation au changement climatique. Nous ne réglons pas le problème, mais ses conséquences", ajoute-t-il, précisant garder les racines des arbres coupés afin de "retenir le sable".
Selon l'ONF, "cette mise en lumière va permettre à la végétation de réapparaître sur la dune grise", qui fait office de zone tampon entre la plage et la forêt, "d'où l'importance de ne pas piétiner les dunes".
"C'est un lieu que nous voyons changer. Nous suivons ces problématiques d'érosion de très près mais nous constatons qu'à chaque fois, c'est la mer qui gagne", a déclaré Isabelle Prud'homme, adjointe au maire de Saint-Palais-sur-Mer venue constater l'avancée du chantier, qui modifie le panorama du site, en le dénudant d'une partie de bordure forestière.
Selon l'élue, une piste cyclable voisine a également "perdu 12 mètres" au cours de l'hiver, nécessitant une déviation.
E. Carvalho--JDB